MÉDIATION — AVRIL 2009
Transit — RenensLaurent Kropf, 29 mars 2009
Sur une durée de sept mois, d'avril à octobre, sept artistes vont proposer des interventions urbaines en deux temps. Choses intéressantes à souligner, ce projet est né de la volonté des politiques, et implique directement les habitants, sans succomber au syndrome "atelier d'expression libre du dimanche avec Jacqueline".
Le centre de Renens, ville aux portes de Lausanne, est en pleine mutation, avec les chantiers actuels de l'hôtel du commerce, de la nouvelle Coop, de la salle de spectacle de l'ancien cinéma Corso et de la façade de la Migros.
Un trou dans le sol appelant son contraire, les tas de terre poussent; les pelleteuses grattent et grondent, les arbres ont d'ores et déjà quitté les lieux. Les barricades obligent aux détours, le kebab du coin n'est plus.
Redonner un peu de vie à ce paysage, c'est la mission qui a été donnée par la municipalité à Trivial Mass Production, qui mandate alors Marco Costantini, curateur indépendant et renanais 30 années durant. Il nous explique le projet Transit :
«L'originalité de Transit n'est pas d'être en milieu urbain, mais plutôt son contexte de chantier et de mutation, qui implique une durée.»
Le procédé de l'exposition est celui du cadavre exquis. Chaque intervention complète ou peut entrer en dialogue avec la précédente; l'exposition se construit sans que les artistes sachent ce que les autres vont faire. Le flyer se veut la traduction de ce jeu, puisque chaque intervention ajoutera une nouvelle couche d'impression sur le papier.
L'autre principe est de faire collaborer les artistes avec les habitants de la ville. Chacune réalise donc une première oeuvre, exposée toute l'année au centre-ville, puis revient 2 semaines plus tard pour en faire une deuxième avec des particuliers ou des collectivités locales. «Il s'agit d'un grand projet de dialogue, nous explique le curateur; on va vers les gens. Les artistes vont vers les gens. C'est un projet où l'on parle beaucoup, par le nombre d'interlocuteurs notamment. Il faut défendre, expliquer, faire de la médiation. Le projet est donc accompagné d'un plan, de beaucoup de bornes dans la ville, pour expliquer le projet, l'oeuvre, l'artiste. Son caractère hors-les-murs demande de l'accompagnement; on change de contexte. Et oblige a être réactif.»
Claudia Comte a ouvert les feux en donnant une seconde vie à un tilleul arraché de la Place du Marché, geste qui a fortement ému la population. Déposé dans la Grand-Rue, le tronc a été sculpté à la tronçonneuse par l'artiste. Une procession, emmenée par un orchestre "New-Orleans", a parcouru samedi le centre ville pour déposer l'oeuvre sur une fontaine, sous les applaudissements du nombreux public, doux mélange d'artistes, de badauds et de curieux. Elle restera exposée durant l'année, tout comme les oeuvres à venir.
Rendez-vous le 18 avril de 9 heures à 12 heures pour la seconde intervention de Claudia Comte: le fleurissement par les collectivités locales de collines en forme de
Toblerone qu'elle a fait élever aux abords du parking provisoire.
Vous trouverez les informations pour les autres événements sur le calendrier daté.es ou sur le site de la ville de Renens, (lien ci-dessous). Une bonne occasion de découvrir cette commune entre urbanité et aspect de village, qui recèle entre autres un certain nombre de curiosités architecturales.
www.renens.ch
TRANSIT
Place du Marché
CH - 1020 Renens
Expositions en continu d'avril à juin
http://www.renens.ch