LECTURES — FÉVRIER 2010
François Beaune ou le baume contre une certaine morosité Laure Mi Hyun Croset, 15 janvier 2010

Si les exigeantes éditions Verticales sont connues, entre autres, pour avoir publié le rafraîchissant
Entre les murs de François Bégaudeau, elles présentent également des ouvrages au charme plus vénéneux tels que le magnifique
Le Noir est une couleur de Grisélidis Réal, l’époustouflant
Univers univers de Régis Jauffret ou le drôle et poétique
Un Homme louche de François Beaune. C’est de l’auteur de ce dernier texte dont il sera question ici.
Ce jeune Lyonnais, inspiré à la fois par
Bouvard et Pécuchet de Flaubert et par
La Conjuration des imbéciles de Toole, a d’abord créé plusieurs revues : une humoristique, « Cocotte », l’autre proposant des portraits de personnages louches, « Louche », avant de passer à l’écriture romanesque.
Sous la forme d’un journal de bord, il nous livre dans son premier roman,
Un Homme louche, paru en septembre 2009 aux éditions susmentionnées, les pensées d’un anti-héros d’abord dans l’âge ingrat de l’adolescence, puis dans l’âge encore plus déplaisant d’adulte. Son roman, qui se veut sous-réaliste, fait surgir un univers touchant, au moyen d’un humour décapant qui est cependant plus pudique que railleur.
L’auteur travaille actuellement sur deux pièces de théâtre et un deuxième roman. Il s’occupe également d’un événement intitulé « Du cinéma à l’envers », qui part d’affiches de films qui n’existent pas encore pour faire des films. Des plasticiens créent d’abord des affiches qui sont montrées ensuite dans des festivals de courts métrages afin qu’elles trouvent des réalisateurs pour donner vie aux films. Il continue également de découper et de réécrire l’actualité avec ses amis louches, voir :
www.loucheactu.blogspot.com
www.jacquesdauphin.blogspot.com
Grâce à François Beaune, il est possible de regarder la réalité à la fois avec lucidité et tendresse, de loucher dessus pour la voir sous un angle moins morne.