Don’t bust my sllab ! — Genève
Sophia Bulliard, 12 novembre 2008

Sllab, c’est le nom du collectif qui a ouvert un local en septembre dernier au 5, boulevard Saint-Georges, à Genève. Ce que j’ai compris du mot sllab, balls à l’envers, c’est que c’est un genre de jeu ou de blague un peu crétine entre garçons, entre garçons qui en ont quoi. Le collectif sllab, c’est d’abord cinq personnes, cinq « amis du Moloko » : Dunja, Karen, Sébastien dit Presse, Greg dit Gorg, et Maël. Les deux filles font du dessin (l’une plus graphisme, l’autre plus édition), les trois mecs de la sculpture (métal, moulage, installation). Étrange, je n’avais pas vu ça depuis fort longtemps. À la Villa Arson, les filles sont en bleu de travail, ambiance Black & Decker, et les garçons écrivent.

Leur local fraîchement inauguré, c’est le Labo, « un lieu pour l'expérimentation, les recherches, l'élaboration, diverses activités créatrices et d'exposition », dixit Dunja. Une partie du Labo, au fond, c’est l’atelier des garçons avec leurs machines et leurs outils ; devant, c’est une vitrine, que le collectif sllab propose en « résidence d’artistes peu connus, ou pas », pour des durées variables. Résidence d’artistes ; décidément, c’est un terme qu’on entend beaucoup, que ce soit à Nancy, à Berlin, à Paris, à Genève. Il est vrai que ce type de projet a de multiples avantages : inviter des copains artistes, se donner pour soi-même des conditions d’atelier, postuler à des subventions publiques en mettant en avant l’aspect socioculturel du projet, le côté international pour d’autres mannes…

La résidence en vitrine, c’est un peu comme les portes ouvertes, tout à coup on voit à l’intérieur ce qui s’y passe. C’est rompre aussi avec le schéma de fabrication usuel, le passage de l’objet de l’atelier (fermé, privé) au white cube (public). Après le "home studio" (mon atelier, c’est chez moi, caché), après « mon atelier, c’est le monde » (pas de frontières entre le monde, moi et mon travail), voilà le temps de l’open floor, comme dans les banques, de la transparence, de la visibilité totale, pas de secrets, regardez, arrêtez-vous (mais difficile de retenir).
Du coup, le public, c’est autant les amis, les connaissances d'ici et là, que les voisins, les gens du quartier, les passants. Quant aux artistes choisis, il y a "la volonté de sortir des milieux connus et des noms d'artistes que l'on voit partout à Genève".

La programmation est déjà bouclée jusqu’en juin 2009, au rythme d’une expo par mois avec vernissage ou verrée, plutôt avec des artistes locaux, qui ont présenté un projet au collectif qui l’a approuvé. D'ailleurs, le Labo fait appel à projets! Les artistes en quête d'un lieu de travail temporaire et d'exposition sont cordialement invités à présenter leurs idées.
Avec un invariable dans la programmation: le premier jeudi du mois, un événement particulier. Jeudi dernier, un concert acoustique, jeudi prochain, une projection.
On sait déjà que le 4 décembre 08, ce sera le finissage de l’expo de Hayan Kamnakache avec une projection du film de Martina Rodriguez, "Anarchie en CH".
On sait aussi que du 11 décembre au 4 janvier 09 il y aura une exposition de Urduja Manaoag, Inga Mustakallio, Pekka Ruuska et Tristan Audeoud. En janvier 09 ce sera une installation sonore de Marc & Müseng, ce couple mythique américano-suisse genevois que nous connaissons tous.

Le prochain rendez-vous du Labo : vernissage de Hayan Kamnakache le 18 novembre.

 
Référence : http://xn--dat-dma.es/objects/GENEVE/LABO-SLLAB-BALLS/SOPHIA-BULLIARD/article-17.html
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NOVEMBRE 2008
éditorial et brèves

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Sylvie Fleury au MAMCO
Ouverture de SLLAB
Fermeture d'Artamis
La chapelle de l'ONU (III)
Scène suisse à Paris
Bourses Simon I. Patino 2008
La Collection Bretanique
Editions ZULMA
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