ÉDITORIAL — JUILLET/AOÛT 2009Verdresse ne meurt — Arles
Benoît Billotte, Sophia Bulliard et Lauro Foletti, 14 juillet 2009Dame nature se rappelle à nous spécialement à ce moment de l'année. Chaleureuse au point de nous étouffer ou déchaînée pour mieux nous couver, on ne pourra l'occulter. Les oracles le disent : il n'y a qu'à écouter la Pythie grillon s'exciter dans les arbres à la vapeur des grillades.
Sans se laisser accabler, d’aucuns aimeront provoquer Madame. Pour une caresse de la brise de mer ou un encornage sournois au détour d’un marais de Camargue, la plus chic tenue de sport sera exigée, avec une savante boussole à la ceinture. Brûlés par le soleil, rincés par de méchants orages, dévorés par les pires insectes, mordus par d'invisibles vipères, certains retrouveront avec joie, usés mais heureux, le chemin du macadam.
Faisons avec sans pour autant oublier nos familles de substitutions. Exploit federistique, procession jacksonienne, couleuvrage cathodique, les champs d’activités sont en entrée libre. Cartes postales et diaporamas photo, tradition estivale oblige, seront au rendez-vous pour les abonnés absents. Fétiches exotiques, ils sauront rappeler ces moments non partagés sous le couvert des plus purs sentiments copiés-collés. De Brooklyn aux bords de l’Arve, du cabanon au relais-château en Espagne, on ira camper avec les sinistrés du précédent séisme ou enquêter sur les meilleures glaces de la place.
Qu'importe, les seules marques importantes sont celles du maillot, à comparer sans réserves à l’ombre d’un château de sable.
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