VISITES — JUILLET/AOÛT 2009Excursion homérique — Annecy
Benoît Billotte, juillet 2009Une véritable épopée pour assister à un vernissage le 26 juin dernier. Non pas à Genève, chose trop facile en soi, encore moins à Lausanne, ni même à Annemasse, mais à Annecy. On a fortement tendance à oublier cet autre paysage lacustre où la culture ou plutôt la politique culturelle présente tout son charme. Echelle mise à part, les structures y sont tout aussi curieuses et même plus accueillantes, peut être le charme à la française...
- 14h45: départ d'Annemasse pour Annecy en bus, attente devant la gare ferroviaire.
- 14h50: pas de bus, on nous informe qu'il est parti non de la gare ferroviaire mais de la gare routière, alors quoi?
- 16h00: deuxième tentative, cette fois-ci en train, tout va bien...
- 17h00: arrivée à Annecy, on a une heure à tuer donc balade touristique en vieille ville et le long du lac.
- 17h15: averse diluvienne, les rues se gonflent d'eau et les gens s'amoncellent sous les arcades des magasins et autres terrasses, moralité apéro avant l'heure.
- 18h00: vernissage de l'exposition Mille Feuilles de Jean-François Chevalier à l'Arthotèque d'Annecy.
- 20h13: sprint en direction de la gare d'Annecy pour prendre le dernier bus, on n'a plus que sept minutes avant le départ.
- 21h10: le bus part seulement de la gare, un retard de 50 minutes dû à un incident technique indépendant de leur volonté, "nous vous prions de bien vouloir nous en excuser"...
Aussi difficile que puisse être le trajet, la récompense n'en est que meilleure. L'Arthotèque a pour habitude de monter des expositions au sein de la bibliothèque d'Annecy. L'espace est attenant aux rayonnages des livres situés au premier étage. La proximité y est surprenante mais non dérangeante. L'installation dans une telle configuration n'est pas donnée. Elle semble, pour cette exposition, tirer avantage des contraintes et se focaliser uniquement sur son périmètre d'action, soit le mur d'accrochage. Il présente tout autant d'interventions et de travail de matières que les pièces qu'il soutient. Ces dernières, mélanges d'aquarelles et de gommes arabiques, dessinent des réactions chimiques figées dans le trait du pinceau. A la fois simple application et pure expérimentation d'un procédé pictural, la gestion semi-maitrisée des variations chromatiques équilibre la composition et les tensions avec le papier.
Le monde et non la foule était au rendez-vous, tout comme les petis fours version traiteur et le traditionnel verre de vin. La discussion n'est pas évidente au début, l'échange se fait au fur et à mesure et amène à tisser des liens éphémères ou non. Certains parlent de relations sociales lâches, je préfère effet de curiosité. La prochaine exploration pour culturophiles basés en région initiale se déroulera pour la manifestation Poétique du chantier rassemblant les différentes structures locales sous la direction de de Jean Max Colard, de novembre 2009 à mars 2010.